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Qualification du niveau de transe par "auto-signaling"

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Question: Quels critères utilisez-vous pour vérifier la profondeur de transe? Réponse: Strictement par intuition. Je pose des questions en me servant de mes propres doigts, en affectant UN au pouce, CINQ au petit doigt, sur une échelle de un à cinq. UN correspondra à l'état de veille, et CINQ pour un sujet au bord d'une transe profonde. Et je demande périodiquement à mon inconscient quelle est la profondeur de l'état induit. C'est une manière de tester ses propres ressentis ou intuitions . Ceci, bien sûr, est une question d'expérience et de pratique. Question: Dans ce cas, diriez-vous qu’il existe un rapport au niveau dit de l’inconscient? Réponse: Oui, j’ai le sentiment qu’il existe un rapport à un niveau inconscient.

Retours d'expérience

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Pour ce qui me concerne, je suis arrivé à cette conclusion chaque jour plus évidente que la suggestion atteint son maximum de puissance dans l'état hypnotique profond. Chez les malades affectés d'idées obsédantes, par exemple, on constatera des effets bien différents suivant que la suggestion sera faite à l'état de sommeil ou pendant la veille. Tous ceux qui ont expérience des cas de ce genre me donneront raison sur ce point. Quand on a, comme moi, la plupart du temps à soigner des malades appartenant aux classes instruites, on s'aperçoit que la suggestion larvée, c'est à dire donnée sous forme d'électricité, de massage, d'eaux minérales, de bains médicamenteux, etc, n'est pas toujours aussi efficace qu'on le désire. Loin de moi l'idée de prétendre que la suggestion pratiquée dans un état d'hypnose légère ou simplement à l'état de veille ne rende des services considérables. Mais ce n'est pas la règle générale ; et si j'en cro...

La suggestion forcée

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Son père, après avoir essayé tous les moyens de traitement, désespéré de l'état de son fils, nous l'a confié avec l'autorisation absolue de faire ce que nous croyions nécessaire. Tout d'abord, nous avons insisté près du père pour l'isolement complet du malade et son éloignement absolu de la famille, pour pouvoir entreprendre son traitement. Mais comme nous avons vu que l'isolement tel que nous le comprenions serait très difficile, nous nous sommes décidé à essayer l'hypnotisme. Le 1er août 1890, nous allons chez M. M..., avec l'intentiond'hypnotiser le malade ; mais celui-ci ne voulait en aucune façon s'y soumettre, avait même recommencé la même scène que nous avons décrite plus haut. On ne pouvait donc songer à employer d'autre moyen d'hypnotisation que celui de Lassègue, usité à la Salpêtrière (légère compression des globes oculaires avec les doigts). Nous disons d'abord aux parents de sortir de la chambre, après quoi nous essay...

Le mystère de la suggestion

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Nos ancêtres ne furent décidément que des ignorants pour avoir méconnu de si grandes propriétés aux petites choses ! Où est la raison, même éloignée, de ces faits ? Vous me dites bien, hypnotiseurs, que les centres nerveux du cerveau et de la moelle épinière sont profondément modifiés, qu'il y a prédominance des actes réflexes. Soit! Ce sont là des effets, et nous cherchons des causes proportionnées. Car enfin, j'ai beau y penser, comme le constate M. de Rochas, j'ai beau faire appel à mon imagination et vouloir énergiquement produire l'effet attendu, rien n'y fait, ma volonté ne sera efficace que par votre ordre. Voici donc, d'un coté, ma volonté qui ne peut rien sur ses propres organes dans l'ordre des phénomènes hypnotiques, lorsqu'elle est abandonnée à ses seules énergies. Voici, d'un autre côté, la volonté de l'hypnotiseur qui ne peut rien non plus, dans le même ordre de faits, sur ses propres organes. Et cette volonté étrangère, impuissan...

Critique de l'accouchement sous hypnose

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En lisant mes travaux sur l’accouchement naturel, il a été suggéré qu’en Amérique et en Allemagne, les femmes étaient hypnotisées par, à travers ou à cause de moi, dans douze langues différentes du monde entier. Franchement, quand je me suis vu dans le miroir ce matin, j’ai hésité un instant avant d’accepter cette distinction . Je ne dis pas que mes amis ont tort de diagnostiquer la nature de mon enseignement car je ne suis pas une autorité sur le somnambulisme ou l'hypnose éveillé (Waking hypnosis), et je préfère critiquer les sujets auxquels je suis familier. Mais les résultats obtenus par l’enseignement de l’accouchement naturel sont si constants et si omniprésents que ni un individu ni son travail écrit ne peuvent être tenus pour pleinement responsables. Mais on peut lire que «ce type d’hypnose est basé sur une suggestion direct s'appuyant sur le prestige». Peu importe où et comment la naissance d'un enfant se conforme au comportement physiologique, c’est le résultat ...

La posture de l'hérétique

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Puisque j’utiliserais le mot « hérétique » pour me caractériser, à la fois en relation avec la psychanalyse et l’hypnotisme, il serait peut-être bon que j’explique ce que les mots hérésie et hérétique signifient pour moi (voir Kubie, 1963). Le véritable hérétique doit être au moins aussi hérétique à propos de nouvelles théories que les anciennes et de ses propres théories que de celles des autres .   En outre, le véritable hérétique ne croit pas en la croyance. Il n'accepte pas la croyance, que ce soit la sienne ou celle de qui que ce soit d'autre, comme base valable pour le progrès dans quelque domaine de la science que ce soit, ni même dans aucun aspect de la culture humaine . Il utilise des hypothèses de travail, en fait beaucoup d’entre elles, mais pas des croyances ; et son hypothèse de travail dépend toujours du doute, du scepticisme, du questionnement et de la recherche humble et patiente de preuves approximatives menant à des réponses approximatives, sans jamais esp...

La musique du silence

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A la durée du son s'opposent les silences. On pourra s'étonner au premier abord de trouver ce mot à propos de l'émotion musicale, mais rien n'est plus justifié. Je ne par le pas ici des silences qu'on pourrait appeler d'interruption, qui n'ont d'autre effet sur l'organe auditif que d'interrompre la continuité du son et n'ont pas de notation spéciale. Je ne veux pas parler non plus des silences de durée,correspondant exactement aux valeurs de durée des sons qu'ils remplacent et dont ils sont les équivalents négatifs (pause, demi-pause, soupir,etc.); ils n'agissent sur l'émotion que parle rôle qu'ils ont dans la phrase musicale elle-même. Je veux parler surtout des silences qu'on peut appeler silences de suspension ou d'attente . A certains moments, il y a, dans la succession des phrases d'un morceau musical, un arrêt momentané plus ou moins long, pendant lequel toute sonorité est suspendue. Cet arrêt n'a pas d...