Récemment, j'ai été témoin d'un accident qui aurait pu être très-grave,mais qui n'a eu heureusement aucune conséquence sérieuse. Il s'agit d'une jeune femme qui est un excellent sujet magnétique. Voulant provoquer chez elle la frayeur, je lui dis " Tenez, je prends votre bras et je le coupe. Regardez le sang qui coule, et immédiatement, sans pousser un cri, sans faire un geste, elle tomba par terre tout de son long, comme morte." En effet, la vie avait cessé pour un temps , le cœur ne battait plus, et il n'y avait plus aucun mouvement respiratoire. Cet état dura environ une demi-minute, un siècle d'angoisses pour moi , puis une respiration profonde annonça le retour des phénomènes de vie. Peut être, dira-t-on, cette syncope n'est qu'une habile comédie. En tout cas, au risque de passer pour trop naïf, je ne voudrais à aucun prix recommencer cette expérience...
Dans le cadre d'une illustration de sa théorie sur la néo-dissociation, Ernest Hilgard utilise comme support les expérimentations faites sur la douleur. Selon son approche, les actions sur la douleur (mais il me semble qu'on pourrait transposer cela à d'autres domaines) peuvent se classer en deux familles d'interventions , correspondant à deux familles de phénomènes susceptibles de se manifester chez un sujet (Voir le schéma ci-dessous). Certains de ces phénomènes sont accessibles sans changement d'état et d'autres nécessitent un changement d'état pour se manifester. Selon lui, cette théorie permettrait de comprendre le clivage qui a aboutit à, d'un coté, les tenants de l'absence d'état spécifique lié à l'hypnose (Non-State) et de l'autre, ceux qui pensent que l'hypnose est associé à un état particulier (State). Je cite : Si les phénomènes sur lesquels l'expérimentateur se concentre sont ceu...
Je vous ai indiqué, dans la précédente leçon, les principaux moyens qu'on peut employer pour provoquer le sommeil hypnotique, mais je n'ai fait que vous signaler incidemment un procédé d'hypnotisation très simple et très pratique qui consiste à exciter certains points limités du corps des hystériques. Vous allez en voir tout de suite les effets. Voici une malade chez laquelle il réussit toujours parfaitement; je la fais approcher et je comprime légèrement son pli du coude gauche elle fait aussitôt une petite inspiration et tombe dans la phase du sommeil hypnotique que vous connaissez sous le nom d'état cataleptoïde. Je presse maintenant son ovaire droit et elle revient subitement à l'état de veille... Il y a là, vous le voyez, un phénomène des plus nets et des plus intéressants, un exempte nouveau de l'influence qu'exercent les excitations périphériques sur le fonctionnement des centres nerveux, par un mécanisme dont no...